Le Nord-Ouest de la Tunisie constitue un bassin patrimonial
très riche, où la continuité de la présence humaine et de l'activité agricole
et ce, depuis la Préhistoire, est partout visible. Des pôles remarquables
présentent des caractéristiques historiques, archéologiques, paysagères et
urbanistiques variées et des monuments exemplaires appartenant à différentes périodes
de l'histoire tunisienne et méditerranéenne.
Dans ce paysage, Dougga, site inscrit
sur la liste du Patrimoine Mondial par l'UNESCO, Bulla Regia qui remonte à la
protohistoire de la région, Chemtou ancienne Simitthus, lieu antique d’exploitation
des carrières de marbre, la région du Kef et ses plaines environnantes qui se
distinguent par l’étendue et la multitude des sites archéologiques jusqu’à
Makhtar et Siliana ainsi que Testour (environ 8000 habitants), village qui fait
partie des fondations andalouses du XVIII siècle, constituent les témoins les
plus évidents de cet héritage. A l’extrême nord de ces zones, les sites côtiers
comme Tabarka, Cap Négro et Sidi Mechreg, attestent de l’ouverture du
territoire sur les échanges méditerranéens, basés sur les exportations
céréalières et l’exploitation du corail, particulièrement à l’époque moderne.
Ce patrimoine riche et varié mais
insuffisamment valorisé, mérite d’être mieux connu et plus étudié, non
seulement au vu de sa valeur scientifique et culturelle, mais aussi comme
ressources précieuses pour le développement économique, à un moment où les
territoires sont appelés à mobiliser leurs ressources pour un développement autocentré
et harmonieux.
Cela pose la question des choix de modèle de développement dans un
contexte marqué par le désengagement de l’Etat de la sphère économique et la
généralisation de l‘ économie de marché, qui semblent être le dénominateur
commun de la plupart des acteurs politiques de la transition en cours. Or la
question du développement local et celui des régions en Tunisie montre une
faible mobilisation des ressources patrimoniales dans la construction des
projets de développement des territoires.
Le
colloque de Jendouba qui sera organisé conjointement par l’équipe du
Laboratoire « Régions et ressources patrimoniales de Tunisie » et le
département d’Histoire de l’Université de Jendouba, se propose de
débattre de toutes ces questions et appelle les participants à s’inscrire dans
cette problématique selon les axes suivants :
1 - Sites, monuments et ensembles historiques : Une sédimentation
historique sur la longue durée.
2 Richesses naturelles et diversité paysagère.
3 Traditions et savoir-faire.
4 Des propositions pour l’avenir.





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